Quand la vigne pleure et débourre !


Bi del Mas Bielh, Travaux collectifs / dimanche, mai 10th, 2020

Quand la vigne pleure et débourre !

En mars le vigneron surveille la reprise végétative de la vigne et la formation des bourgeons.
Pleurs et débourrement font partie du cycle végétatif de la vigne. Ils se déroulent à la sortie de son repos végétatif.
Les pleurs témoignent de l’activité du système racinaire et se produisent lorsqu’il y a absorption de l’eau, des éléments minéraux et mobilisation des réserves. Puisqu’il n’y a pas encore de végétation, la sève s’écoule au niveau des plaies de la taille. Elle est très riche en acides et en sucres.
Les pleurs peuvent engendrer une sensibilité accrue des bourgeons lors des gelées de printemps s’ils sont réhydratés par les pleurs. Par cep, c’est en tout 0,3 à 0,2 litre de sève qui s’écoule. Sous nos latitudes, les pleurs ont lieu début mars, alors que dans l’hémisphère sud, ils ont lieu en septembre.
Le débourrement succède aux pleurs. Il a lieu lorsque les bourgeons gonflent et que ses écailles s’écartent. Bien que visible après les pleurs, il débute en hiver et au début du printemps. Ce phénomène est fortement dépendant des températures, et est plus ou moins précoce selon l’espèce et la variété.
Le lieu, l’exposition des vignes, la pente, l’orientation des vignes et la hauteur des ceps sont des facteurs qui influencent le débourrement car ils impactent la température. En effet, un hiver doux entrainera un débourrement plus précoce et inversement. De plus, dans les zones septentrionales le débourrement est plus homogène et tardif que dans les zones méridionales et continentales. Losque 50°/° des bourgeons sont dans le coton, c’est à dire qu’on aperçoit la bourre cotoneuse, on dit que la vigne a débourré.
Il arrive que des bourgeons ne débourrent pas, même s’ils se trouvent au milieu de la branche à fruits. On impute cela à l’acotonie, à une charge excessive par rapport à la vigueur du cep, aux champignons, ou a des parasites comme la boarmie.
D’autres bourgeons indésirables peuvent débourrer sur la souche. Ils sont la plupart du temps supprimés manuellement. On appelle cela l’EBOURGEONNAGE lorsque l’on nettoie la tête, et l’EPAMPRAGE lorsqu’on ôte les bourgeons du tronc.

Maurice Kubler

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